À la suite de la polémique sur la vitrophanie, David Guiraud s’étonnait publiquement que personne ne vienne s’interresser à son programme municipal.
Sous-entendu : s’il n’est pas critiqué, c’est qu’il est solide…
Encore faut-il qu’il existe réellement.
D’autant plus lorsque, dans le même temps, certains concurrents sont renvoyés au rang de « petits candidats », comme si la taille se mesurait au volume de communication plutôt qu’à la solidité d’un projet.
Un point factuel avant toute chose
Sur le site de campagne guiraud2026.fr, ce qui est actuellement présenté n’est pas un programme municipal complet, mais un document de communication listant des axes, intentions et premières mesures.
La dernière page est d’ailleurs explicite :
« Programme complet – rendez-vous en janvier 2026 pour le programme élargi décliné en livre »
Autrement dit :
le programme complet est annoncé, mais pas encore publié.
Ce point n’est ni polémique ni illégal. Beaucoup de candidats procèdent ainsi.
Mais il change fondamentalement la nature du débat.
Un socle idéologique large… et volontairement peu attaquable
Le document actuellement diffusé couvre quasiment tous les champs habituels d’une action municipale comme tous candidat… :
- propreté, cadre de vie, logement,
- transports, jeunesse, sport, culture,
- solidarités, discriminations, démocratie participative,
- énergie, alimentation, investissements publics.
L’ensemble est idéologiquement cohérent, très marqué par un vocabulaire de valeurs :
libertés, dignité, inclusion, émancipation, bien-être, droits.
Le problème n’est pas ce qui est dit.
Le problème est ce qui n’est pas dit.
Ce qui manque systématiquement
- Aucun chiffrage
- Aucun ordre de priorité
- Aucun calendrier
- Aucun arbitrage
- Aucune distinction claire entre :
- ce qui relève de la Ville,
- de la MEL,
- ou de l’État
Tout est important.
Tout est urgent.
Tout est souhaitable.
Mais rien n’est hiérarchisé.
Pourquoi il est difficile « d’attaquer » ce document
La réponse est simple, et elle est politique.
On n’attaque pas facilement :
- un catalogue d’intentions,
- sans coûts,
- sans délais,
- sans renoncements,
- sans choix explicites.
Ce document est conçu pour être consensuel, bienveillant, rassembleur.
Il n’engage pas encore une future majorité sur des décisions concrètes de gestion.
Ce n’est pas un reproche moral.
C’est un constat politique.
Des contradictions et angles morts déjà visibles
Même à ce stade, certaines tensions apparaissent :
- La référence à la vidéosurveillance cohabite avec un discours traditionnellement critique de ces dispositifs.
- Les transports sont largement évoqués alors que les leviers municipaux sont limités face à la MEL.
- Le logement est traité de manière volontariste, sans clarification juridique ni opérationnelle.
- La démocratie participative est omniprésente (c’est à la mode…), sans cadre clair sur la gouvernance et les risques de blocage, les prises de decisions…
Autant de sujets qui nécessiteront des réponses précises dans le programme annoncé.
Le vrai débat n’est pas encore là
À ce stade, il n’est donc pas étonnant que « personne ne s’attaque au programme ».
Non pas parce qu’il serait irréprochable…
mais parce qu’il n’est pas encore un programme de gestion municipale, au sens strict.
Le vrai débat commencera quand seront posées les questions qui fâchent :
- Combien ça coûte ?
- Qu’est-ce qui est prioritaire ?
- Qu’est-ce qu’on ne fera pas ?
- Quelles politiques actuelles seront abandonnées ou modifiées ?
- Comment seront évalués les résultats ?
En conclusion
Ce que propose aujourd’hui la campagne de David Guiraud, c’est un socle politique, pas encore un projet municipal opérationnel.
La critique viendra.
Mais elle viendra avec le programme complet.
Encore faut-il qu’il arrive à la date promise.