Karim Amrouni avait annoncé un grand film de campagne.
Bande-annonce, affiches, teasing… presque Hollywood à Roubaix.
On nous promettait quelque chose d’impressionnant.
Un message fort.
Une vision pour la ville.
Et au final ?
Un homme qui court dans Roubaix.
Qui suit des fils virtuels générés par IA.
Qui traverse deux ou trois images de la ville, le musée La Piscine, quelques rues, quelques plans stylisés.
Et… rien.
Pas de projet.
Pas d’idée.
Pas de vision.
Pas même une proposition.
Juste une vidéo.
Le syndrome de la politique Netflix
On pourrait presque sourire si ce n’était pas révélateur d’un problème plus profond.
Aujourd’hui certains candidats semblent croire qu’une campagne municipale se gagne avec des effets spéciaux et des algorithmes.
IA générative.
Montage léché.
Storytelling visuel.
Mais la politique municipale ce n’est pas un teaser Netflix.
Une ville ne se gère pas avec des filtres After Effects.
On peut mettre tous les effets spéciaux du monde, si derrière il n’y a ni projet, ni propositions, cela reste… du vide.
La communication à court d’idées
Et quand la vidéo ne dit rien, que reste-t-il ?
Un autre post.
Juste une image du bulletin de vote.
Sans texte.
Sans argumentaire.
Sans explication.
Peut-être que Jarvis était en panne ce jour-là.
La politique du commentaire
Puis viennent les vidéos de réaction.
Une rue fermée pour limiter les émissions polluantes ?
On dénonce.
On dramatise.
Mais aucune solution.
Des déchets déposés quelque part ?
On filme.
On commente.
Mais sans connaître le contexte : un homme sans abri vivant dans sa voiture, accompagné par les services sociaux, souffrant d’un syndrome de Diogène.
Encore une fois : on montre, on dénonce… mais on ne comprend pas.
Le problème
La politique locale n’est pas un fil Instagram.
C’est du terrain.
Des problèmes complexes.
Des situations humaines parfois difficiles.
Et surtout : des solutions concrètes à construire.
Quand on prétend vouloir diriger une ville comme Roubaix, on ne peut pas se contenter de filmer les problèmes et d’ajouter une musique dramatique.
Une question simple
Je serais surtout curieux de savoir une chose :
Combien a coûté tout ce dispositif ?
Un film.
Du montage.
Une production externe.
Probablement réalisée en région parisienne.
Tout cela pour une vidéo… sans message.
Quand on veut devenir maire, dépenser de l’énergie et de l’argent pour produire un objet politique vide est peut-être le signal le plus inquiétant.
La communication peut séduire quelques secondes.
Mais une ville ne se gouverne pas avec des vidéos.
Elle se gouverne avec des idées, du travail et du terrain.
Et pour l’instant, dans ce film de campagne, le scénario manque cruellement.
Bref.
Ce monsieur ne sera pas mon futur maire.