Roubaix n’est pas un trophée

Ces derniers jours de campagne ont quelque chose d’intéressant : ils révèlent souvent les candidats tels qu’ils sont vraiment.

Quand les grandes déclarations disparaissent, il reste le terrain.

Ma compagne s’est amusée à discuter avec des militants de la campagne de David Guiraud lors d’un passage dans la rue. Une conversation simple, presque banale. Des questions, des réponses… et surtout beaucoup d’incohérences.

Sur un sujet, on vous répond oui.

Mais si vous reprenez la même idée sous un autre angle, la réponse devient non.

Prenons les impôts.

Première réponse : « Non, il n’y aura pas d’augmentation. »

Deux minutes plus tard : « On devra sûrement augmenter les impôts pour permettre d’avoir accès à certains services de meilleure qualité ou à de nouvelles infrastructures. »

Même logique sur la sécurité.

On annonce un renfort de la police municipale.

Puis quand on évoque la réalité des mandats et les difficultés à recruter, la réponse change :

« On aura les meilleures interventions avec la police nationale. »

En résumé : on promet tout… et son contraire.

À un moment, il est aussi question de faire « rayonner Roubaix au niveau national ».

Ma compagne lui explique alors que certaines institutions roubaisiennes sont déjà reconnues bien au-delà de la ville — le musée La Piscine par exemple, reconnu internationalement pour son architecture et ses collections.

La réponse :

« Oui, mais on fera mieux. »

Le problème, c’est que derrière la formule… il n’y avait rien.

Ni connaissance réelle de la ville.

Ni vision précise.

À la fin de la discussion, une chose était claire : il avait très bien compris que ma compagne ne voterait pas pour eux.

Mais au-delà de l’anecdote, il y a une question plus large : quel est le bilan réel de David Guiraud pour Roubaix ?

Car enfin, il est député.

Et pourtant :

  • il n’a pas voté certaines lois importantes contre le narcotrafic,
  • ni contre la vente de protoxyde d’azote, ce gaz hilarant qui fait tant de dégâts chez les jeunes.

Lors des émeutes après la mort de Nahel, Roubaix a payé un prix très lourd :

des commerces détruits, des entreprises brûlées, près de 500 emplois perdus.

À ce moment-là, on attend d’un responsable politique qu’il appelle au calme.

Qu’il protège la ville.

Est-ce qu’il l’a fait clairement ?

Est-ce qu’il a exprimé un regret pour les conséquences sur Roubaix ?

La question reste posée.

Pendant ce temps, la campagne municipale de David Guiraud a commencé très tôt — presque un an d’avance sur les autres.

Mais ces dernières semaines, elle semble s’essouffler.

Moins d’affiches.

Moins de présence.

Et surtout une stratégie étrange : gommer autant que possible l’étiquette LFI.

Comme si, soudainement, le parti devenait encombrant.

Pourtant, chacun connaît ses positions.

Certains le décrivent même comme adepte d’une forme de “câlinothérapie” pour les dealers plutôt que d’une véritable politique de sécurité.

Et c’est là que se pose la vraie question.

Roubaix a besoin :

  • d’un maire présent,
  • d’un maire qui connaît la ville,
  • d’un maire qui assume ses positions,
  • et surtout d’un maire qui veut la faire grandir.

Pas d’un symbole.

Pas d’un trophée politique que l’on brandit pour prouver qu’un mouvement national peut conquérir une grande ville populaire.

Roubaix mérite mieux que cela.

Elle mérite quelqu’un qui s’y engage vraiment