Ça faisait un moment que je n’avais pas écrit ici.
Mais à quelques jours du premier tour, la campagne municipale entre dans sa dernière ligne droite.
Le moment où tout le monde accélère.
Ou parfois… celui où les petites failles apparaissent.
On a appris par exemple que la liste Pour Roubaix a dû refaire ses bulletins de vote.
Un détail technique, certes.
Mais comme le disait le journaliste Bruno Reboul de La Voix du Nord, ce genre de sujet fait parfois plus parler que des articles sur le fond.
Dans la foulée, ils ont aussi publié un communiqué assez offensif parce qu’ils n’étaient pas invités à un débat télévisé.
Sur le principe, je dois être honnête : je trouvais ça dommage démocratiquement. Une campagne municipale mérite que toutes les listes puissent être entendues.
Finalement, France 3 a revu sa position et a fait marche arrière.
Mais à ma connaissance, pas de petit mot de remerciement pour ceux qui ont rouvert la porte.
C’est un détail… mais les détails racontent souvent une culture politique.
Pendant ce temps, un de leurs colistiers, Pierre Wolf, s’adresse désormais aux moutons sur les réseaux sociaux.
La politique roubaisienne explore décidément de nouveaux publics électoraux.
Du côté de David Guiraud, c’est une autre histoire.
Il a été le premier à se lancer dans cette campagne.
Très tôt.
Très visible.
Très présent.
Peut-être un peu trop tôt.
Car depuis quelques jours, en se promenant dans Roubaix, on remarque quelque chose d’étrange :
les affiches de campagne se font plus rares.
On croise plutôt :
- des affiches recyclées d’anciens meetings
- des visuels minimalistes avec un cœur et ses initiales
- et pas mal de panneaux… vides.
Dans un marathon électoral, partir très vite peut être efficace.
Mais la barre du 31ᵉ kilomètre existe aussi en politique.
Et puis il y a Karim Amrouni.
Là on change complètement d’ambiance.
On n’est plus dans une campagne municipale.
On est presque dans l’affiche d’un film des années 80.
Ambiance dramatique.
Slogan cinématographique.
Production quasi hollywoodienne.
À ce rythme-là, on s’attend presque à voir apparaître le générique et la bande-annonce.
Et derrière tout ça, on sent bien l’utilisation massive des outils d’IA, des montages visuels et des productions façon Jarvis.
Ce qui est assez intéressant quand on regarde les logos de soutien :
les écologistes sont dans la coalition.
Or ces technologies génératives ne sont pas exactement réputées pour leur sobriété énergétique.
Disons simplement que la sobriété numérique n’est pas encore un thème majeur de campagne à Roubaix.
Les Verts doivent regarder ça avec un mélange de curiosité… et peut-être un petit soupir.
Du côté du RN local, Céline Sayah explique avoir été prise à partie lors d’un tractage.
Si c’est le cas, il faut être clair : les intimidations n’ont rien à faire dans un débat démocratique.
Mais soyons lucides aussi :
faire campagne pour le RN à Roubaix n’allait jamais ressembler à une promenade de santé.
Heureusement pour elle, le renfort est arrivé : Jordan Bardella est venu dans la métropole lilloise.
Sur les photos, Céline a l’air très heureuse, sourire aux lèvres.
Normal : recevoir une star nationale de son parti, ça fait toujours son petit effet.
Mais il y a un détail amusant.
Sur la grande photo officielle publiée par Jordan Bardella lui-même à Lille, on retrouve…
une brochette d’hommes en costume.
Et Céline n’est pas sur l’image.
Comme quoi, même dans les campagnes modernes, la vieille France politique sait encore produire ses symboles involontaires.
Et puis il y a André-Louis Hibbon.
Impossible pour lui de présenter une liste complète cette année.
Résultat : hors course avant même le départ.
Et depuis quelques jours, les réseaux sociaux le montrent particulièrement critique envers les listes en lice.
On peut le comprendre.
Quand on regarde la campagne depuis le bord de la piste, le match paraît toujours un peu différent.
Bref.
Entre :
- les bulletins de vote à refaire,
- les communiqués indignés,
- les affiches qui disparaissent,
- les films de campagne,
- les moutons politisés,
- les soutiens nationaux en visite éclair,
- et les anciens candidats devenus commentateurs…
la dernière semaine promet encore quelques épisodes intéressants.
Roubaix reste fidèle à elle-même :
une ville où la politique est rarement ennuyeuse.
Rendez-vous dimanche 11…